INP-HB/FORMATION : LE SOIXANTENAIRE DE L’ENSA, SOIXANTE ANS AU SERVICE DE L’AGRICULTURE IVOIRIENNE
« Le succès de la Côte d’Ivoire repose sur son agriculture », cette conviction portée par la vision du Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY a profondément orienté la stratégie de développement économique de notre pays et suscité en 1965 la création de l’École Nationale Supérieure d’Agronomie (ENSA) devenue en 1996, l’Ecole Nationale Supérieure (ESA), une école appelée à former des générations d’ingénieurs agronomes, de chercheurs et de décideurs publics. Soixante ans plus tard, cette vision continue d’éclairer le destin agricole du pays. Du 07 au 09 mai 2026, l’Institut National Polytechnique Félix HOUPHOUËT-BOIGNY a vibré au rythme du soixantenaire, célébrant six décennies d’excellence académique, d’innovation agricole et d’engagement au service du développement de la Côte d’Ivoire. À travers cette commémoration initiée par l’Association des Ingénieurs Agronomes de Côte d’Ivoire (AIA-CI), c’est toute une nation qui a rendu hommage à une école dont les racines scientifiques continuent de nourrir l’avenir de la Côte d’Ivoire et des générations d’ingénieurs et d’acteurs du développement agricole.
Placée sous le thème : « Formation Agronomique, Innovation et Employabilité des jeunes dans le secteur agricole», cette célébration organisée par l’Association des Ingénieurs Agronomes de Côte d’Ivoire (AIA-CI) a réuni un parterre de personnalités politiques, administratives, universitaires et d’acteurs du monde agricole autour d’une ambition commune : rendre hommage à l’héritage des bâtisseurs de l’agriculture ivoirienne tout en traçant les sillons d’une agriculture moderne, résiliente et durable.
Au nom du Conseil municipal de Yamoussoukro, M. GBEUGRÉ Wilson, adjoint au maire, a exprimé sa fierté d’accueillir sur les terres de la capitale politique une institution dont le rayonnement dépasse largement les frontières nationales. Il a salué une école qui, depuis six décennies, façonne les intelligences et féconde les espérances du monde rural africain.
Dans une allocution empreinte de reconnaissance et de mémoire, le Président de l’Association des Ingénieurs Agronomes de Côte d’Ivoire, M. Kama BERTÉ, a rendu un vibrant hommage aux pionniers du développement agricole ivoirien. Au premier rang de ces figures tutélaires, le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, visionnaire dont l’engagement personnel a permis de faire de l’agriculture le socle du développement économique national et d’assurer une formation agronomique de haute qualité.
Il a également salué l’engagement du Président Alassane OUATTARA qui poursuit, selon lui, avec la même détermination, l’ambition de faire de l’agriculture une priorité stratégique du développement national.
Pour sa part, le Président de l’Amicale ENSA, M. Mardochée Caleb Koubé GBLÉHÉ, a exprimé sa gratitude aux aînés agronomes, aux autorités gouvernementales, aux partenaires institutionnels ainsi qu’à l’ensemble des acteurs ayant contribué à la réussite de cette commémoration historique. Une célébration qui, au-delà des retrouvailles, symbolise l’unité et la continuité d’une grande famille académique tournée vers l’avenir.
Prenant la parole, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Prof Adama DIAWARA, a rappelé le rôle majeur joué par l’ENSA devenue ESA dans la transformation de l’agriculture ivoirienne.
« Au fil des décennies, l’ENSA a formé plusieurs générations d’ingénieurs agronomes, de chercheurs, de cadres techniques, d’entrepreneurs agricoles et de décideurs publics qui ont contribué à bâtir et à moderniser l’agriculture ivoirienne », a-t-il souligné, évoquant l’impact des diplômés dans les filières cacao, anacarde, hévéa, palmier à huile, cultures vivrières, agro-industrie et politiques publiques agricoles.
Face aux défis contemporains, le ministre a insisté sur la nécessité de repenser les modèles de formation, de recherche et d’innovation. Pour lui, l’agriculture de demain devra être intelligente, technologique, durable, mécanisée et ouverte à l’intelligence artificielle afin de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, de changement climatique et de compétitivité des filières agricoles.
Cette réflexion prospective a été enrichie par plusieurs panels et conférences de haut niveau.
Le premier panel, consacré à « La finance climatique au service d’une agriculture durable en Côte d’Ivoire », M. Fidèle KOUADIO, Chef de l'unité finance climatique au Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles (FIRCA), entité nationale accréditée au Fonds vert pour le climat (FVC) et au Fonds d'Adaptation (FA), et M. Marc DAUBREY, CEO de Green Invest Acteur du secteur privé et de l'investissement vert, engagé dans le financement de projets durables et à impact a mis en lumière l’urgence de repenser les systèmes agricoles face aux effets de la variabilité climatique. Les intervenants ont plaidé pour de nouvelles stratégies d’adaptation, fondées sur la mobilisation de ressources innovantes et le renforcement de la résilience des producteurs.
Le deuxième panel, portant sur « Le rôle, la place et l’impact des femmes dans le développement du secteur agricole en Côte d’Ivoire », a donné la parole à des femmes d’exception issues de la recherche, du conseil agricole, de l’entrepreneuriat et du développement. Les panélistes : Dr. AKANVOU Louise, Directeur de Recherche Consultante au CNRA, Mme APHING-KOUASSI Nicole, Ingénieur Agronome, 12e Promotion ENSA, Directrice Générale Adjointe de L'ANADER, Mme COULIBALY Alimata, PCA du RET-PACII Réseau National des Agro-transformatrices de Côte d'ivoire. Directrice Générale de l'entreprise GLP Les précuits, Mme COULIBALY Epse TRAORE Assita CHERIE, Directrice Exécutive Adjointe du FIRCA, Ingénieure Agronome spécialisée en Agroéconomie (ENSA, 1995, 26è Promotion), dans une atmosphère empreinte d’émotion et de conviction, ont salué la contribution essentielle des femmes à toute la chaîne de valeur agricole. Elles ont toutefois déploré la faible représentativité féminine dans la recherche scientifique et les postes de décision, ainsi que l’insuffisance de mécanismes de soutien adaptés.
La conférence inaugurale, dédiée à « L’entrepreneuriat pour la relance du sous-secteur vivrier en Côte d’Ivoire : contributions des diplômé(e)s des écoles de formation agricole », co-animée par le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Prof Adama DIAWARA et M. Bernard COMOÉ, Ministre délégué auprès du Ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, chargé des Productions vivrières a permis de souligner les enjeux de souveraineté alimentaire dans un contexte mondial marqué par les crises géopolitiques et climatiques. Les conférenciers ont relevé les nombreuses contraintes structurelles du secteur vivrier : faible mécanisation, insuffisance de semences de qualité, déficit d’infrastructures de stockage et de transformation, faibles financements et pertes post-récoltes importantes.
Mais au-delà des difficultés, les intervenants ont surtout mis en avant l’immense potentiel du vivrier ivoirien : un secteur en forte croissance, créateur de richesses et d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
Dans une ambiance à la fois festive, fraternelle et symbolique, ce soixantenaire a été marqué par une série d’activités culturelles, sportives et citoyennes : défilé de chars agricoles, foire aux projets d’innovation et Hackathon, parcours santé entre les sites Sud et Nord de l’INP-HB, planting d’arbres d’alignement sous l’égide du ministère des Eaux et Forêts, compétitions sportives, dîner de gala, distinctions honorifiques et récompenses des meilleurs étudiants et innovateurs.
Soixante ans après sa création, l’ENSA demeure plus qu’une école : elle est une mémoire vivante, une pépinière de compétences et une terre fertile où germent les rêves d’une agriculture ivoirienne conquérante et durable.




