
INP-HB/FORMATION : UNE RENTRÉE SOUS LE SIGNE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE POUR OUVRIR LE TRENTENAIRE.
Trente ans d’excellence et une ambition renouvelée : former celles et ceux qui porteront les transformations de demain. Le lundi 12 octobre 2026, l’Institut National Polytechnique Félix HOUPHOUËT-BOIGNY (INP-HB) a donné le coup d’envoi de sa rentrée officielle académique 2026-2027 et des festivités de son trentenaire. Au cœur de cette double célébration, une exigence : préparer une génération capable de maîtriser l’intelligence artificielle et d’en faire un moteur de développement.
« L’INP-HB 30 ans après : former, innover et produire dans l’excellence à l’ère de l’intelligence artificielle ». Ce thème a guidé les interventions, avec une conférence de M. Djibril OUATTARA, Ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique. Il donne également le cap d’une année qui associera célébration du parcours accompli et réflexion sur l’avenir.
Né en 1996 du regroupement de l’ENSTP, de l’ENSA, de l’INSET et de l’IAB, l’Institut a réuni sous une identité et une gouvernance communes des écoles qui formaient déjà, depuis plusieurs décennies, des cadres dans des secteurs stratégiques. De cette ambition est issu un pôle d’excellence devenu l’une des références de la formation d’ingénieurs et de cadres en Afrique de l’Ouest. À l’heure du trentenaire, cet héritage engage l’établissement à ouvrir de nouvelles perspectives.
Représentant le maire de Yamoussoukro, M. Félicien GAUMONT, Adjoint au Maire, a salué un thème « plus que d’actualité ». Il a souligné le leadership transformationnel des personnalités présentes et encouragé la communauté de l’INP-HB à poursuivre ses efforts de réinvention. Ses réalisations constituent, selon lui, « de véritables armes de construction et de développement massif ».
« Ne pas penser petit ». L’appel de Dr Moussa DIABY, Directeur Général de l’INP-HB, a donné le ton. Aux étudiants, il a demandé jusqu’où ils étaient prêts à porter leur ambition, rappelant que la Côte d’Ivoire en transformation aura besoin de leurs compétences, de leur audace et de leur engagement.
Pour répondre à cette attente, il a plaidé pour une intégration transversale de l’IA dans les formations, accompagnée de cursus spécialisés adaptés aux besoins de l’industrie. Agriculture, mines, pétrole, finance, génie civil, aéronautique, médecine, logistique ou management : tous ces domaines sont concernés par une évolution qui appelle de nouvelles compétences.
Cette ambition exige aussi de renouveler les pratiques pédagogiques. Évoquant une réflexion de l’écrivaine sénégalaise Aminata Sow Fall sur les normes dans lesquelles l’éducation peut enfermer l’individu, le Directeur Général a défendu une formation qui apprend à penser, questionner, vérifier, expérimenter et créer, quitte à « casser les codes ». Préparer les jeunes de 2026 au monde de 2040 impose de faire évoluer les méthodes d’enseignement et d’accompagner l’usage de l’IA avec discernement, éthique et esprit critique. Son exhortation à rêver grand, travailler avec exigence, servir et oser donner a placé la responsabilité au cœur de la réussite.
Le ministre Djibril OUATTARA a prolongé cet appel en affirmant que l’Afrique et la Côte d’Ivoire disposent d’une carte à jouer dans la révolution de l’intelligence artificielle. Avec la jeunesse comme force centrale, elles peuvent concevoir des usages répondant à leurs propres besoins. Encore faut-il tirer parti de ces outils « sans abandonner l’intelligence ».
Aux étudiants, il a rappelé la nécessité de bâtir de connaissances solides, de continuer à apprendre et de savoir évaluer les résultats d’un outil avant de décider. La pertinence des solutions dépendra de leur adéquation aux réalités du terrain, de la qualité des données et des besoins des populations.
« Le gouvernement prépare le terrain », a-t-il indiqué. Mais cette transformation repose aussi sur l’engagement des jeunes. Les algorithmes ne portant ni conscience nationale, ni sens de l’intérêt général, le ministre les a invités à refuser la facilité, à cultiver la rigueur et à devenir des concepteurs de solutions. Il leur a souhaité une rentrée « pleine d’audace, de santé et de succès ».
La maîtrise du numérique appelle également une vigilance accrue face aux menaces cyber. Mme Bintou JARVIS, Directrice du Pôle Support et Gestion de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), a présenté les missions de l’Agence : définir les stratégies et les règles de sécurité, conduire des audits et des certifications, assurer la veille, coordonner la réponse aux crises, former et sensibiliser. Elle a notamment évoqué le centre de réponse aux incidents (CERT), le centre d’opérations de sécurité et les dispositifs de formation qui soutiennent cette action.
Représentant le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Vamara TOURÉ, Chef de Cabinet, a rappelé la portée de cet anniversaire : « Trente années de formation, trente années de recherche, trente années d’innovation » Un bilan qui invite à mesurer les acquis, mais aussi les défis à relever.
Selon lui, former à l’excellence à l’ère de l’IA exige une évolution profonde : repenser la pédagogie, développer les compétences numériques, renforcer la culture scientifique et encourager l’interdisciplinarité. Le jugement, la créativité, l’éthique et la responsabilité doivent guider cette démarche. « L’IA peut calculer, prédire, générer, optimiser », a-t-il souligné ; l’être humain conserve la responsabilité de définir les finalités de son utilisation. L’enjeu est de former des femmes et des hommes capables de la maîtriser avec autonomie.
Cette exigence d’excellence s’est aussi incarnée dans la reconnaissance de 63 lauréats : 22 membres du personnel administratif et technique ayant réussi les concours de la fonction publique et 41 enseignants distingués au titre du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES).
En ouvrant les festivités de ses trente ans, l’INP-HB affirme ainsi le cap de sa nouvelle année académique : transmettre des savoirs solides, stimuler l’innovation et former des talents capables de transformer les défis de leur époque en solutions pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique.


